Harassé par votre journée de travail de jeune cadre dynamique, ereinté par la violence d’un quotidien de citadin pollué par le temps, les gens et le métro, vous vous posez devant votre ordinateur unique et préféré. L’oeil vide, vous surfez sur les sites qui vous diront si le dernier épisode de vos séries préférées est sorti. Vous pestez sur la grève des scénaristes qui vous bouffe votre quotidien et vous vous impatientez en trépignant tel l’ours qu’on aurait sorti trop tôt de son hibernation. Fin limier, passionné, vous cherchez évidemment la VO sous-titrée de l’épisode qui vient de passer à la TV américaine. En un mot comme en cent, vous trouvez votre bonheur en trois clics. Le dernier Lost en version sous-titrée, en bon français, bonne qualité, tout ça dans votre client BitTorrent préféré (ou votre mule). Vous visionnez, quelques dizaines de minute plus tard, la récompense sans égal au dur labeur pour lequel vous avez donné sang et eau.
Sans penser outre mesure de ce qui se passe derrière tout ce processus, vous avez basculé dans une exigence de consommation forgée par l’habitude d’un service de qualité proposé par l’univers du peer-to-peer.
Mais derrière ce service de qualité proposé gratuitement, il y a une communauté active de passionnés qui prennent de leur temps pour vous proposer en un temps record des épisodes en VOST de qualité. Le schéma entre la diffusion américaine et l’arrivée sur vos écrans est le suivant :

En partant de la vidéo d’un épisode et du transcript de celui-ci, une équipe va s’occuper de la traduction, de la synchronisation et la relecture des sous-titres. Une autre personne va éventuellement proposer ce même épisode avec les sous-titres directement incrustés. Le tout sera proposé via les réseaux de peer-to-peer, donc eDonkey, BitTorrent, newsgroups, etc…
Si vous êtes déjà tombés sur des sous-titres à la traduction plus qu’aléatoire, bourrés de fautes, illisibles, c’est que vous n’êtes pas tombés sur les bonnes sources. Car de l’autre côté du nuage internet, une quantité considérable d’irréductibles se battent pour proposer des sous-titres de qualité quasi-professionnelle. Je l’ignorais moi-même avant de tomber sur un article exhaustif sur la question. Le moins que je puisse faire c’est leur rendre hommage en mettant en avant leur existence et leur travail de qualité. Certains n’en auront rien à carrer, d’autres seront assez curieux pour jeter un oeil, et tous je l’espère voudront leur adresser un grand MERCI.
Sans me perdre dans de vaines explications, je vous invite de suite right fucking now à lire l’article que j’ai découvert sur le Blog de KooNDeLLiTcH. Au programme : l’historique des communautés, les choix de qualité, la politique de travail, la naissance de certificats et de versioning pour les sous-titres. En bonus : l’intervention d’une véritable professionnelle du sous-titrage sur ce commentaire.
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